La SNCF, dont les trains Intercités arrivent en fin de vie, envisage de remplacer certains de ces ex-Corail, Téoz ou Lunéa, voués à la casse, par des TGV de la première génération, eux aussi en fin de parcours, mais qui recyclés pourraient assurer la relève... à petite vitesse."Les trains Intercités sont en fin de vie. C'est un sujet lourd puisqu'on parle de deux à trois milliards d'euros de matériel roulant à renouveler dans les dix ans", a déclaré mercredi le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, lors d'une audition au Sénat.
"J'espère qu'on va trouver des solutions car aujourd'hui, entre les TGV et les TER qui se sont modernisés, il y a ces trains-là (aujourd'hui réunis sous l'appellation unique Intercités) qui sont indispensables au service public et dont il faut engager la modernisation", a-t-il ajouté.Ces trains, à faible rentabilité et qui relient les grandes métropoles, font l'objet d'une convention signée en 2010 entre la SNCF et l'Etat afin de soutenir leur exploitation.
L'une des solutions envisagée pour assurer leur pérennité, et aujourd'hui évoquée en interne à la SNCF, consisterait à "recycler" des TGV première génération, lancés dans les années 80, pour les substituer aux vieux "Corail" dont les jours sont comptés après quarante ans de service. "Ces premiers TGV, lancés notamment sur Paris-Lyon, vont peu à peu être radiés mais ils pourraient facilement être réutilisés sur des lignes comme Paris-Clermont ou Paris-Brive", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier."Il y aurait un bénéfice en terme de confort et mais aussi de vitesse car ces rames peuvent circuler à 220 km/h sur certaines portions des lignes classiques où les Intercités sont eux limités à 200 km/h", a souligné cette même source.
Il y a urgence, comme l'a confirmé Guillaume Pepy mercredi, à trouver une solution pour remplacer des Intercités fatigués alors qu'aucune commande n'a été clairement confirmée pour le moment. "Sur toutes ces lignes, le matériel a généralement entre 35 et 40 ans donc sa fin de vie est programmée dans les cinq à dix ans qui viennent, de manière irrévocable. Si on veut le changer, il faut s'y prendre maintenant car cela prendra une dizaine d'années", a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement s'était emparé du dossier depuis quelques semaines.
En se basant sur un montant indicatif de trois milliards d'euros, le dirigeant a expliqué que le renouvellement du parc représenterait "300 millions d'euros de commandes chaque année ce qui constitue de l'emploi supplémentaire". "La construction de trains, à la différence de la construction des lignes, est une activité à haut contenu en emploi parce qu'elle fait appel à beaucoup de personnel", a-t-il fait valoir. Une autre piste évoquée à la SNCF consisterait à basculer une partie des lignes Intercités, celles qui desservent le grand bassin parisien (comme Paris-Amiens), vers les trains express régionaux (TER) et pouvoir faire appel au savoir-faire des industriels en la matière. Chez le Canadien Bombardier, la gamme Régio2N (dans sa version à deux niveaux), déjà commandée par plusieurs régions, peut répondre aux fortes capacités qu'exige le bassin parisien, notamment aux heures de pointe. Chez son concurrent tricolore Alstom, on assure que "d'autres lignes des Intercités peuvent tout à fait être satisfaites par ses nouveaux Régiolis, comme c'est déjà le déjà le cas en Basse Normandie".
confirmation de la notre rencontre à l'Elysée
Note de la rédaction du site : Le rapport présenté par le ministre des transports confirme la teneur de la rencontre que les représentants de la CRI ont eu à l'Elysée ce 28 septembre 2012. Contrairement aux affirmations des élus de la Région ou de Limoges, la LGV Limoges Poitiers sera traitée comme les autres dans la commission chargée de prioriser les différents projets en fonction de leurs intérêts socio- économiques et environnementaux, on est donc loin de la dernière ligne droite comme l'écrivait le journal Le POPULAIRE.
La commission rendra son avis dans 6 mois et annoncera les LGV qui seront retenues ( le total des projets représente 245 milliards d'€ alors que rien n'est aujourd'hui financé). Si la LGV Limoges Poitiers ne représente que 2 milliards d'€, la commission va se poser la question: '' même pas cher, le projet est-il-utile alors qu'il y a des alternatives qui sont en cours de réalisation ?''
Lire la suite : Le Conseil des ministres du mercredi 3 octobre
recherche d'un remède au mal ferroviaire
Le 26 septembre, devant la commission des finances du Sénat, la Cour des comptes a épinglé les faiblesses de la rénovation du rail français et fixé des recommandations pour l'améliorer. L'épais rapport qu'elle publie tombe à pic dans la perspective du mouvement annoncé d'unification des métiers de l'infrastructure.
Entre eux, c'est accords et désaccords. Dans un rapport sur l'entretien du réseau ferroviaire, la Cour des comptes éclaire la complexité des relations conventionnelles entre le gestionnaire Réseau ferré de France (RFF) et la division de la SNCF chargée de l'entretien des voies. Sur le plan de la maintenance, leur organisation a des allures de sac de nœuds. Elle est "sans équivalent en Europe", insistent les magistrats. Gestionnaire de l'infrastructure, RFF délègue en effet une majeure partie de ses opérations à la SNCF, qui "devient ainsi gestionnaire d'infrastructure délégué". Résultat, le donneur d'ordres est totalement dépendant de son gestionnaire délégué.
Ce schéma entraîne en cascade des tensions liées à la mise sous tutelle de l'un et à la prise d'autonomie de l'autre. Exemple : s'estimant mal informé sur le suivi de l'entretien assuré par la SNCF, RFF s'en est longtemps plaint et bien que la situation s'améliore, "le travail sur un schéma directeur commun engagé entre eux s'est ralenti en 2011". La dérive des coûts de l'entretien est aussi liée en partie à cette organisation propice à des "conflits de capacités". S'affrontent en effet deux logiques, l'une de programmation industrielle de long terme pour RFF, et une logique de terrain dictée par les aléas de chantier pour la SNCF. Plus de fluidité dans ce dispositif est attendu d'ici 2014. D'ici là, il persiste des désaccords sur la stratégie d'achat, mais une lueur d'espoir se fait jour depuis la signature, l'an dernier, d'un "nouveau partenariat industriel et commercial entre RFF et SNCF-Infra".
Esquisse de réflexion commune
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